Le ministère chargé de l’Autonomie a ouvert une consultation citoyenne intitulée « Vieillir en France, aujourd’hui et demain », accessible sur la plateforme Agora jusqu’au 20 septembre 2026. Quinze questions, cinq à dix minutes, ouvertes aux personnes âgées, à leurs proches et aux professionnels. Cinq priorités y sont soumises : la prévention, la diversification des lieux de vie, la transformation des EHPAD, le soutien aux aidants et la valorisation des métiers de l’autonomie. Les réponses nourriront la Conférence nationale de l’autonomie, prévue à l’automne 2026.
Une famille qui cherche une place en résidence pour un parent découvre souvent la politique du grand âge par ses effets : des délais d’attente variables, des aides qui changent d’un département à l’autre, des tarifs difficiles à comparer. Personne ne lui demande son avis sur la manière dont tout cela est organisé. Cette fois, la question est posée directement.
Les cinq questions posées aux Français
La consultation reprend les priorités de la mobilisation France Autonomie, engagée en avril 2026. Chacune est formulée comme une question ouverte.
- Agir pour vieillir en bonne santé. Quelles habitudes de vie adopter dès aujourd’hui pour préserver son autonomie le plus longtemps possible.
- Diversifier les lieux de vie. Comment permettre à chacun de trouver un habitat adapté à ses volontés et à ses besoins : domicile aménagé, habitat partagé, colocation intergénérationnelle, résidence.
- Accompagner la transformation des EHPAD en Maisons France Autonomie. Comment ouvrir les établissements vers l’extérieur et en faire des lieux où l’on souhaite vivre et travailler.
- Aider les aidants. Comment reconnaître et soutenir les millions de personnes qui épaulent un proche au quotidien.
- Valoriser les métiers de l’autonomie. Comment rendre ces métiers plus attractifs et mieux reconnus.
Pourquoi cette consultation maintenant
Les chiffres avancés par le ministère fixent le cadre. En 2030, un Français sur quatre aura plus de 60 ans. En 2050, ce sera un sur trois. Sur la même période, le nombre de personnes de plus de 85 ans devrait doubler, ce qui conduirait la France à accompagner près de 700 000 personnes supplémentaires ayant besoin d’aide pour les gestes du quotidien.
Ces projections ne changent rien à une situation individuelle. Elles expliquent en revanche pourquoi les places en résidence se réservent de plus en plus tôt, pourquoi les départements réexaminent leurs dispositifs d’aide, et pourquoi l’anticipation devient le sujet central des politiques publiques comme des familles.
« Diversifier les lieux de vie » : ce que cela signifie concrètement
C’est la priorité qui touche le plus directement les familles en train de décider. Aujourd’hui, le choix se présente souvent de manière binaire : rester chez soi ou entrer en établissement. La consultation part du constat que cette alternative est trop pauvre.
Entre les deux existent déjà des solutions inégalement réparties sur le territoire : logement adapté avec services à domicile, résidence autonomie, résidence services seniors, habitat inclusif, colocation entre personnes âgées, accueil familial. Leur point commun est d’être mal connues. Une famille qui ignore qu’une résidence autonomie existe à quinze minutes ne l’inscrira jamais dans sa comparaison.
L’enjeu porté par cette priorité est donc autant l’information que la construction : rendre visible et accessible ce qui existe, avant que l’urgence ne réduise le choix à une seule option.
Les EHPAD appelés à devenir des Maisons France Autonomie
La troisième priorité désigne un changement de modèle. L’idée est de sortir l’établissement de son statut de lieu clos pour en faire un point d’appui ouvert sur son quartier : accueil de jour, hébergement temporaire, services aux personnes qui vivent encore chez elles, appui aux professionnels du domicile.
Pour une famille, cette évolution compte parce qu’elle change la manière de poser la question. Il ne s’agit plus seulement de choisir entre le domicile et l’établissement, mais de savoir quels services un établissement proche peut rendre à un parent qui reste chez lui, et à quel moment cette solution devient insuffisante.
Comment participer avant le 20 septembre 2026
Le questionnaire est sur Agora, la plateforme de participation citoyenne du Gouvernement. Il comporte quinze questions, demande cinq à dix minutes, et se remplit de façon anonyme. Il est ouvert aux personnes âgées elles-mêmes, à leurs proches, aux professionnels du secteur et à toute personne souhaitant contribuer.
Si vous accompagnez actuellement un parent, deux thèmes méritent que vous y consacriez du temps : la diversification des lieux de vie et le soutien aux aidants. Ce sont ceux où les réponses de terrain manquent le plus aux décideurs.
Et après : la Conférence nationale de l'autonomie
Les contributions alimentent les travaux préparatoires de la Conférence nationale de l’autonomie, qui doit être installée à l’automne 2026. Cette instance est conçue pour se réunir chaque année, fixer des objectifs à moyen terme et suivre l’exécution des engagements pris.
Aucune mesure n’est arrêtée à ce stade et aucun texte de loi n’est annoncé. Les orientations retenues détermineront en revanche les priorités de financement et de création de places pour les années suivantes. Autrement dit, les décisions concrètes se prendront après, mais leur direction se dessine maintenant.
Ce que cela change pour une famille qui prépare un changement de lieu de vie
À court terme, rien. Les règles applicables aujourd’hui restent les règles applicables demain : conditions d’attribution de l’APA, délais d’admission, tarifs des établissements, dispositifs départementaux.
Deux points de vigilance en revanche, si votre projet s’étend sur plusieurs mois. D’abord, vérifiez les dispositifs auprès de votre département plutôt que sur une page générale : les écarts sont réels et les barèmes évoluent. Ensuite, élargissez votre comparaison au-delà du couple domicile-EHPAD. Les solutions intermédiaires progressent, et une visite dans une résidence autonomie ou un habitat partagé coûte une demi-journée pour éviter une décision prise par défaut.
Une consultation nationale ne résout pas une situation particulière. Elle indique la direction que prendront les moyens publics, et elle confirme ce que les familles constatent déjà : la difficulté ne vient pas du manque de solutions, mais du manque de lisibilité entre elles. Le temps qu’une famille prend à comparer avant de décider reste le meilleur investissement de tout le projet.
Jusqu'à quand peut-on répondre à la consultation « Vieillir en France, aujourd'hui et demain » ?
La consultation est ouverte sur la plateforme Agora jusqu’au 20 septembre 2026.
Qui peut participer ?
Tous les citoyens : personnes âgées, proches aidants, professionnels du secteur et toute personne souhaitant contribuer. Le questionnaire est anonyme.
Combien de temps prend le questionnaire ?
Quinze questions, pour cinq à dix minutes de réponse.
Quelles sont les cinq priorités soumises à la consultation ?
Agir pour vieillir en bonne santé, diversifier les lieux de vie, accompagner la transformation des EHPAD en Maisons France Autonomie, aider les aidants et valoriser les métiers de l’autonomie.
Qu'est-ce que la Conférence nationale de l'autonomie ?
Une instance de gouvernance nationale, dont l’installation est prévue à l’automne 2026. Elle doit se réunir chaque année pour fixer les objectifs de la politique du grand âge et suivre les engagements pris. Les réponses à la consultation nourrissent ses travaux préparatoires.
Cette consultation change-t-elle les aides disponibles aujourd'hui ?
Non. Aucune mesure n’est arrêtée à ce stade. Les dispositifs actuels, dont l’APA, restent applicables selon les règles en vigueur dans votre département.
